COVIDHEBDO-BENIN

COVIDHEBDO 7 : Montée de la propagation du coronavirus aux premiers jours du déconfinement au Bénin ?

Incidence de la réouverture des écoles sur la propagation de la Covid-19 et perspectives

La gestion de la pandémie dans les écoles

En dehors du dépistage systématique du personnel enseignant et de l’observance des mesures barrières au sein des écoles, d’autres stratégies de limitation de la propagation dans ces milieux ne sont pas connues. Le gouvernement n’a pas mis en place un dispositif de diagnostic rapide au sein du milieu scolaire comme c’est le cas à l’aéroport de Cotonou. Les élèves ne sont pas diagnostiqués à la reprise et aucune campagne de dépistage n’est annoncée.

Toute prétention gardée de comparer le Bénin à la Chine ou à la Corée du Sud, il est important de signaler que ces pays font un dépistage systématique à l’entrée des établissements scolaires, désinfectent en plus chaque élève de la semelle à la tête et leur offre un nouveau masque après s’être assuré de jeter l’ancien.

Le système béninois de gestion post déconfinement consiste en la prise de dispositions pour traiter les diagnostiqués positifs au stade symptomatique, le dépistage n’étant pas systématique. Dans ces conditions, les effets négatifs de la reprise des classes sur l’épidémie ne seront constatés que si les contaminations deviennent symptomatiques.

Effets attendus de la réouverture des écoles sur l’évolution de l’épidémie

La communauté scolaire ne subira probablement pas des effets négatifs éventuels de cette reprise des cours à court terme. Le personnel administratif, les enseignants et les autres usagers adultes sont dépistés systématiquement et les cas de contamination sont écartés de l’école le temps du traitement (COVIDHEBDO N°6). Etant donné le jeune âge des scolaires, il se produira probablement en leur sein, une forme d’immunité collective (COVIDHEBDO N°6), à en croire les connaissances actuelles sur le virus qui font présupposer d’une moindre virulence de ce dernier chez les moins âgés (0,06% de décès chez les moins de 17 ans et 3,9% de décès chez les 18-44 ans selon une étude du New York City health au 12 mai 2020 sur la population américaine [3]).

Il est par contre à craindre à moyen terme une contamination du reste de la population par ces enfants potentiellement asymptomatiques doublée d’une retro contamination des enseignants si le dépistage de ces derniers n’est pas répétitif. De plus, dans deux semaines, et surtout à la mi-juin, si les activités religieuses reprenaient effectivement le 2 juin prochain [4], la propagation pourra être constatée, notamment par l’augmentation des cas symptomatiques ou par un sondage.

Quelle stratégie pour contenir les effets induits par le déconfinement ?

Vu la complexité, pour ne pas dire l’impossibilité de la mise en œuvre d’un confinement, même partiel, la stratégie du confinement semble ne pas être au Bénin un élément déterminant. Il se dessine clairement que cette stratégie n’en est pas la solution. Le gain est trop faible par rapport à son coût socio-économique très prohibitif.

L’élément le plus déterminant pour la gestion de l’épidémie au stade actuel est la nécessité pour le gouvernement de faire  en sorte que le dispositif de soins des malades ne soit jamais débordé.

D’autres lueurs d’espoir émanent de la très rude concurrence que se livrent les grands laboratoires chinois, russes, européens et américains pour pouvoir profiter de la manne qu’apporte la COVID-19. Cette dernière n’est pas une maladie des pays pauvres comme le paludisme, elle préfère s’attaquer d’abord aux riches. Plusieurs vaccins sont au stade d’essais et des tests sur des humains auraient déjà débuté. Ces vaccins pourraient être disponibles d’ici à septembre-octobre 2020 même si des scientifiques comme le Professeur Didier Raoult restent très sceptiques [5].

Comité de lectureLatévi Lawson, Viwossin Dégboé, Afiavi Dossou-Yovo

Collecte des données quantitatives, traitement et illustrationStat’lab Afrique

Bibliographie :

 

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